Quels arguments mettre en avant pour porter l'avenir des forêts de Fausses-Reposes et La Malmaison
Quand l'ONF prend le contre-pied d'une demande sociétale extrêmement forte et ferme la porte à toute stratégie alternative pourtant éprouvée
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- Respecter l'article 212-2 du code forestier : «Dans les forêts soumises à une forte fréquentation du public, la préservation et l'amélioration du cadre de vie des populations constituent une priorité»
- Conserver des gros vieux arbres de 200 ans et plus (pas d'abattage avant dépérissement ou problème sécuritaire et maintien du bois mort au sol) en les renouvelant progressivement. Ils doivent être tous conservés, notamment en dehors des îlots de sénescence. Ces arbres ne peuvent se réduire aux seuls arbres remarquables.
- Garantir des niveaux de services rendus en terme de qualité des interventions sur : respect des paysages; remises en état des accès et chemins.
- Connaître l'écosystème de Fausses-Reposes et de La Malmaison en particulier pour la restauration de la biodiversité forestière.
- Installer pour ces petites forêts une gouvernance décisionnelle, partagée et souple du futur document d'aménagement : avec présence des associations locales représentatives de la base territoriale et géographique.
- Développer une évaluation externe et neutre de la mise en œuvre du document d'aménagement.
Ces petites forêts de 1ere couronne
- ne sont pas un enjeu de production de bois;
- le bénéfice social qui leur est a ttaché est sans commune mesure avec le bénéfice "productif"; extraire ces petites forêt de la gestion classique ONF est sans incidence au plan des objectifs régionaux;
- les gens ne comprennent pas ce qui s'y passe. Ils veulent se réapproprier leurs forêts.
- ils ne comprennent pas que les collectivités territoriales ne prennent pas plus la main sur leur destinée (département, intercommunalité GPSO, région). Ce n est pas un sujet de coût mais de volonté politique qui fait défaut.
- il manque un leadership politique pour mettre en mouvement ces collectivités et une vision stratégique pour répondre aux attentes des riverains et usagers de ces forêts qui sont aussi des électeurs en cette période de municipales.
Madame ou Monsieur le Maire, le Président de l'intercommunalité, du département, de la région
- Des associations et des habitants de votre commune, riverains de la forêt de Fausses-Reposes et la Malmaison sont attachés a la préservation de ce patrimoine naturel forestier d'exception.
- Le mécontentement n'a fait que croître ces dernières années surtout en raison des dégâts apparents résultant d'une gestion sylvicole par l'ONF totalement inadaptée pour une forêt d'agrément de proximité très frequentée. Personne ne peut rester insensible à ces zones de coupe ravagées par les machines, ses chemins impraticables, ses paysages de désolation. L'émotion de chacun est à son comble !
- La concertation lancée par l'ONF sur la préparation du futur document d'aménagement de Fausses-Reposes et la Malmaison, concertation à laquelle vous étiez également representé, a soulevé l'espoir qu'y soient mises en débat de véritables alternatives dans le cadre du futur document d'aménagement qui va encadrer la gestion de ces petites forêts urbaines pour ces 20 prochaines anneés.
- Au lieu de quoi au terme de cet exercice l'ONF confirme son intention de persister dans la poursuite inconditionnelle de l'exploitation telle que pratiquée et pourtant unanimement décriée par les associations comme par nombre d'experts et scientifiques.
- L'ONF choisit également d'exclure les associations de la future gouvernance.
- De plus avec des arrêtés de prorogation du document d'aménagement actuel, ce ne sont pas moins de 180 hectares de coupes diverses "d'éclaircie, de cloisonnement, sanitaire etc.. ", soit un quart de la forêt, qui étaient déjà voués à des coupes programmées avant même tout début de discussion. De quoi remonter encore et encore les riverains et usagers contre l'ONF !
- Personne ne peut être dupe du résultat de cette simili concertation qui aurait dû être l'occasion d'un véritable débat démocratique transparent et ouvert sur ce que nous, habitants de nos communes, souhaitons pour l'avenir de nos petites forêts urbaines constituant un capital nature exceptionnel.
- Nous comptons sur vous en cette période d'élections municipales pour relayer activement cet appel auprès des instances dirigeantes de l'ONF tant qu'il en est temps et auprès des autres acteurs de la vie publique locale.
Est-ce une bonne piste qui va demander l'intervention du législateur et de nombreux mois pour être décidée ?
La réponse à la forte demande des associations locales qui souhaitent davantage préserver les espaces forestiers périurbains de la région, très vulnérables face aux nombreuses pressions qu’ils peuvent subir tient sans doute dans les points suivants :
Ne faut-il pas mieux :
La réponse à la forte demande des associations locales qui souhaitent davantage préserver les espaces forestiers périurbains de la région, très vulnérables face aux nombreuses pressions qu’ils peuvent subir tient sans doute dans les points suivants :
Ne faut-il pas mieux :
- se concentrer sur les enjeux spécifiques,aux petites forêts urbaines et notamment la biodiversité et le carbone qui sont leur fond de commerce.
- documenter les services écosystémiques spécifiques de ces petites forêts serait plus convainquant que de chercher à les périmétrer par des critères discutables;
- recenser les gestions forestières alternatives aux notices ONF;
- identifier les scientifiques qui les ont testées et évaluées
- partir de ce qui existe pour voir si et comment les faire évoluer avec un adjectif urbain.
- Recommandations du Ministère de la santé, en substance: "Allez prendre un bol d'air en forêt !"
- Un quart des Français passe moins d'une heure par semaine au contact de la nature. Pour Jean-Marc Sène médecin du sport il explique pourquoi vous devriez sortir vous aérer plus souvent au grand air, dans Bonjour ! La Matinale TF1. «Être dans la nature est bon pour notre santé physique et mentale», avance-t-il. Et pour cause, marcher en forêt, au bord d’un lac ou dans les prés produit des effets physiologiques et psychologiques. "C'est bon sur le plan de la santé cardiovasculaire", "ça diminue la fréquence cardiaque et ça diminue la tension artérielle", "ça diminue également le cortisol", cette hormone du stress. «Il y a un effet antidépresseur et puis ça redonne un regain d'énergie». (...) On recharge vraiment les batteries en étant dans la nature… C'est vrai aussi de la fatigue cognitive, la fameuse charge mentale. Quand on est en contact avec la nature, on a moins cette fatigue. Enfin, se balader au bord d’un lac, dans les bois ou au bord de la mer lutte contre le déclin cognitif, notamment chez les personnes âgées.
- Être au contact de la nature et s’exposer à la lumière du jour peuvent avoir des effets positifs sur notre santé mentale
- Cf notre récapitulatif en ligne
- Les forêts réduisent les risques pour la santé, un nouveau rapport mondial le confirme
- Comment les forêts peuvent-elles améliorer la santé et le bien-être des humains ?
- Forêt et Santé : quand la nature devient un pilier de bien-être
- 1er colloque scientifique Santé et Forêt - Santé humaine et écosystème sont liés - Intégrer la forêt dans l'offre de soin - 10 octobre Hôpital Léon Bérard et Académie du Bain de Forêt Provençale
- Synthèse du colloque santé et forêts - L’expérience et les études scientifiques proposent deux mécanismes
- Un tournant dans la prise en compte des arbres et des forêts en santé publique
- Balades en forêt : au-delà du plaisir, quels avantages pour la santé ?
Ils plantent parfois là où il peut y avoir de bonnes raisons:
Ceci étant:
En annonçant
- échecs de régénération naturelle;
- coupes de châtaigniers malades (cela permet de "convertir" la forêt et d'installer du chêne notamment, plus résistant);
- introduire de nouvelles espèces pour mieux résister au changement climatique
Ceci étant:
En annonçant
- la poursuite d'objectifs de production (de bois de chauffage principalement) à hauteur du taux de renouvellement de ces forêts,
- la politique intensive de coupes (d'éclaircie, de cloisonnement...) à l'exception de quelques hectares sanctuarisés, de replantations en lieu et place de la régénération naturelle en vue notamment de stimuler la croissance d'arbres profitables,
- l'ONF prend le contre-pied d'une demande sociétale extrêmement forte, et ferme la porte à toute stratégie alternative pourtant éprouvée.
- De grandes collectivités comme le département d'Île-et-Vilaine avec la forêt de la Corbière, le Grand Lyon avec le parc Miribel Jonage, ou encore Strasbourg avec la forêt du Neuhof ont franchi le pas en démontrant, tout d'abord, la nécessité que les collectivités se réapproprient gouvernance et gestion des forêts et espaces naturels de leur territoire.
- A la Corbière comme au Neuhof elles ont également montré qu'une politique volontariste de reconquête de naturalité forestière et de biodiversité, s'affranchissant de toute sylviculture, est possible aux portes de nos villes, en faisant le choix de stratégies privilégiant la libre évolution et la fonction d'accueil.
- En Île-de-France il semble que ce soit plus difficile qu'ailleurs.
Quel est l'enjeu de nos petites forêts urbaines si l'on positionne l'ONF face aux questions de société ?
▶︎ Rappel histoire et caractéristiques
L'ancienne forêt royale de Fausses-Reposes, aujourd'hui domaniale, classée en forêt de protection, d'une superficie de six cent trente hectares, moins grande que les bois de Boulogne et de Vincennes, et à moins de dix kilomètres à vol d'oiseau du cœur de Paris, est parmi les plus fréquentées d'Île-de-France et dans un secteur à haute valeur patrimoniale. Elle s'étend sur 9 communes et se prolonge via les parcs de Villeneuve-l'Etang et de Saint-Cloud, favorisant ainsi par sa position stratégique, la propagation de la biodiversité depuis les grandes forêts de l'ouest parisien jusqu'au bois de Boulogne. Elle est dénommée ainsi en référence au faux repos des animaux pourchassés, se cachant dans un repli du terrain ou dans un fourré pour déjouer la meute de chiens ou les équipages à cheval.
Elle est remarquable par ses reliefs, ses points de vue, ses vallons, ses crêtes boisées visibles des communes proches, ses mares, sa géologie (limons, argiles à meulière, sables). Sa flore est dominée par le châtaignier (atteint de la maladie de l'encre). On trouve aussi des chênes de 200 ans et plus, des bouleaux et des pins. Certains sols exposés au sud sont couverts de bruyères. Les arts et la littérature l'ont décrite avec Camille Corot, Guy de Maupassant (Les dimanches d'un bourgeois de Paris), Julien Gracq, Boris Vian. Thomas Grascoeur en a fait un film se rappelant son enfance, l'émotion ressentie dans le parcours de cette forêt source de fraîcheur, à travers ombres, lumières et multitude de couleurs dégageant une impression de sérénité, en somme oasis de verdure encore un peu sauvage.
▶ ︎Enjeux sociaux de cette forêt
- importance des fonctions : agréments, détente, écosystème biodiversité … naturalité,
- influence des migrations résidentielles (cf étude APUR) des populations (Paris vers petite et grande couronne) liées au covid, réchauffement… demande de verdure ?
- mutation avec le télétravail dans l'organisation du travail «Le télétravail renforce la demande sur le marché du logement, en particulier dans les zones touristiques ou bien dotées en aménités urbaines.»,
- intérêt de l'engagement des citoyens autour de : accès à l’information, transparence, responsabilité, collaboration à l'occation d'enjeux locaux pouvant directement les toucher.
- faire le lien avec les enquêtes : dernière étude IPSOS sur ce qui préoccupe les français et repères sur Municipales 2026 : les risques climatiques au cœur du débat.
▶ ︎L'ONF une culture doctrinaire sans capacité d'ouverture…
- Enfermée dans ses normes («on ne sait faire que ce qu'on nous a appris»), l'ONF prend le contre-pied d'une demande sociétale extrêmement forte et ferme la porte à toute stratégie alternative pourtant éprouvée, comme en témoignent des expériences de plus en plus nombreuses en France et à l'étranger démontrant que d'autres voies sont possibles pour une gestion durable et respectueuse de ces vieilles forêts naturelles (ex forêt de Białowież après celle du Neuhoff, de Corbière), donnant force à la restauration de leur biodiversité, la qualité et la richesse de leurs paysages naturels, et plus largement les nombreux services écosystémiques rendus aux populations et au territoire autres que la fourniture de bois de chauffe.
- Pour ce qui est des aspects économiques, l'ONF sait bien que l'exploitation pratiquée dans ces toutes petites forêts noyées dans l'urbanisation n'est non seulement pas rentable mais aggrave le déficit chronique de l'établissement.
▶ Quels crédit, confiance voir légitimité accorder à l'ONF ?
- Pour nos petites forêts urbaines ; la question ne peut se poser sous le seul prisme de la gestion sylvicole. Les citoyens doivent pouvoir s'exprimer directement, s'agissant de décisions produisant leurs effets sur les 15 prochaines années.
- Alors que de nombreuses ruptures fragilisent la cohésion de notre société française, il est urgent de penser divers scénarios du long terme, faire le point sur ce que les franciliens peuvent craindre, espérer, vouloir à l'horizon de 15 ou 20 ans pour ces petites forêts urbaines. L'ONF doit accepter le débat démocratique et ne plus décider seul en se fondant sur une doctrine "valable" pour tout type de forêt.
- Que fait l'Etat pour le respect par l'ONF des lois sur la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages (2016), le règlement européen sur la restauration de la nature (juillet 2024) pour protéger les écosystèmes existants, réparer les dégradations déjà subies ?
- Qu'envisagent les décideurs locaux pour recadrer les activités de cet établissement public ? Seront-ils plus exigeants sur une gestion qualitative et plus soucieuses des attentes de leurs administrés ? Se laisseront-ils challenger par l'ONF sur le financement des fonctions sociales (sans réduction des coupes) alors que ces fonctions sont clairement priorisées dans le code forestier - donc du ressort ONF ?
Dans ce contexte, après diverses alertes adressées à la direction territoriale, restées sans suites, le Collectif Fausses-Reposes a pris la décision de ne pas s'associer (cf Le communiqué de presse du 6 novembre 2025 - Chronique d'un échec annoncé), pour l'heure, à un dispositif de "suivi de la concertation" qui n'a de concertation que le nom et qui exclue sur le fond toute remise en question de la doctrine actuelle.
Au vu des tensions et de l'emballement qui traversent notre société, et la complexité pour nous projeter dans l'avenir sachant qu'il faudra compter avec la fragilité du vivant et des «irruptions d’improbabilités», le dialogue deviendra plus que difficile ouvrant la voie à une question importante :
Le Collectif poursuit ses contacts avec les parties prenantes (Etat, Equipe dirigeante de l'ONF, Elus des collectivités territoriales), mais élargi aussi son information et ses consultations auprès de plusieurs acteurs d'influence dans la société civile dont les scientifiques et experts indépendants et reconnus.
Notre message est simple :
Pour le moins, nous invitons toutes les parties à conserver l'esprit ouvert et l'agilité du changement, ne reportons pas à demain pour fuir les incertitudes, les mutations nécessaires, ce qui ne pourrait que conduire à des attitudes de procrastination.
Au vu des tensions et de l'emballement qui traversent notre société, et la complexité pour nous projeter dans l'avenir sachant qu'il faudra compter avec la fragilité du vivant et des «irruptions d’improbabilités», le dialogue deviendra plus que difficile ouvrant la voie à une question importante :
- Quelle confiance, autorité, légitimité accorder à un Office des forêts qui apparaît comme doctrinaire pour gérer nos petites forêts urbaines ? Ce dernier devrait sans doute s'interroger avec modestie sur «l'illusion de savoir», se souvenir que «la vérité… est fille de la discussion» et développer son agilité pour «penser et agir au cœur des incertitudes».
Le Collectif poursuit ses contacts avec les parties prenantes (Etat, Equipe dirigeante de l'ONF, Elus des collectivités territoriales), mais élargi aussi son information et ses consultations auprès de plusieurs acteurs d'influence dans la société civile dont les scientifiques et experts indépendants et reconnus.
Notre message est simple :
- Suspendre la mise en place du document d'aménagement de Fausses-Reposes et de La Malmaison.
- Demande pour que puisse, il en est encore temps, s'ouvrir un véritable débat public sincère, transparent et argumenté, sur l'avenir de ces petites forêts singulières, qui de par leur situation en cœur de ville et leur fonction sociale première, exigent des réponses résolument innovantes.
Pour le moins, nous invitons toutes les parties à conserver l'esprit ouvert et l'agilité du changement, ne reportons pas à demain pour fuir les incertitudes, les mutations nécessaires, ce qui ne pourrait que conduire à des attitudes de procrastination.
- Soyons sans complexe, affirmons l'urgence de l'action… la force des exemples.
- Adhérents, riverains et concitoyens usagers de notre petite forêt urbaine l'exigent !
- Ils ont raison car c'est eux qui méritent, face au temps long, l'attention première.
