Sauver les gros et vieux arbres menacés de coupe.

Quand les habitants contestent la politique de l'ONF dans nos petites forêts urbaines.

Le cas de Fausses-Reposes (630 ha) aux portes de Paris.


Communiqué


Contrainte d'élaborer son futur plan de gestion à 20 ans et sous la forte pression des riverains et associations l'ONF qui exploite Fausses-Reposes s'est lancé fin 2024 dans une démarche de concertation locale à visée innovante.

A la veille de sa clôture, force est de déplorer l'absence de propositions fortes et d'une stratégie volontariste à même de répondre pleinement aux attentes locales qui se sont exprimées : unanimes, associations et riverains demandent simplement pour Fausses-Reposes comme pour d'autres petites forêts urbaines d'Île-de-France, de mettre un terme à toute exploitation à finalité commerciale, incompatible avec une forêt à forte fréquentation plus petite même que le bois de Vincennes et qui plus est non rentable.

S'agissant d'une forêt de proximité et d'agrément pour près de 2 millions de visiteurs, ce qui est désormais attendu ce ne sont plus des adaptations "techniques" à la marge mais de mettre un terme définitif aux coupes, notamment des " gros et vieux bois" et replantations à finalité, et quoiqu'en dise l'ONF, productive.

C'est la condition préalable pour redonner à Fausses-Reposes son caractère de forêt ancienne et historique, riche de vieux arbres centenaires à tricentenaires, de ses paysages et ambiances forestières de qualité aux portes de Paris, en faire un refuge de nature et de restauration de la biodiversité plus que jamais recherchés et nécessaires en ces temps de canicule.

Le code forestier ne dit pas autre chose qui dispose que : «dans les forêts soumises à une forte fréquentation du public, la préservation et l'amélioration du cadre de vie des populations constituent une priorité".

L'exploitation résiduelle devrait se limiter aux seuls traitements sanitaires et de sécurité et ne se faire qu'au moyen de techniques douces respectueuses des lieux, des sols, voies et sentiers.

Réussir une telle évolution des pratiques et priorités exige de l'Office qu'il bouge enfin les lignes rouges qu'il oppose aux levées de boucliers associatives depuis une décennie au moins, accepte la controverse autour des règles qu'il pose comme intangibles et non négociables.

Ainsi, selon l'ONF :
  • exploiter au moins 100% de ce que produit la forêt (donc augmenter les coupes) serait indispensable à sa survie;
  • 'éclaircir" Fausses-Reposes serait nécessaire pour l'aider face au réchauffement climatique;
  • couper les gros vieux arbres (chênes bi ou tricentenaires) serait sans effet grave sur la biodiversité.

Pourtant nombre de travaux scientifiques et retours d'expérience en France en Europe et dans le monde démentent précisément ces règles érigées en dogmes.

Cela doit passer aussi pour plus de transparence par un renforcement des pratiques évaluatives des actions conduites concernant les niveaux des services rendus pour l'accueil du public (paysage, chemins, information) ou encore la connaissance de l'écosystème de Fausses-Reposes et de sa biodiversité.

Cela nécessite enfin et par dessus tout de permettre au territoire et à ses habitants de se réapproprier leur forêt qui est autant leur patrimoine que celui de l'ONF et d'ouvrir à cet effet sa gouvernance aux associations locales, habitants et élus qui le demandent.

Pour l'ONF le défi est de taille : c'est un nouveau modèle de gestion technico-économique qui, sur ces petites forêts urbaines sans aucune rentabilité productive mais à très forte valeur d'usage, est à inventer, au besoin en se mettant en capacité de mobiliser des sources de financements de compensation.

En se saisissant de l'opportunité de cette concertation pilote ce serait pour l'ONF reconnu par ailleurs pour ses qualités de gestionnaire grace aux femmes et aux hommes qui le servent, l'occasion d'élargir le champ de sa responsabilité sociale et environnementale et de favoriser le développement de nouveaux métiers.

A l'heure où ces forêts urbaines de proximité sont plus que jamais nécessaires à la santé et au bien être des citadins, une mobilisation générale s'impose pour leur conservation.

Le collectif Fausses-Reposes porte cette mobilisation en même temps qu'un dialogue continu avec la direction locale et régionale ONF, ainsi qu'avec l'ensemble des instances concernées : Région Île-de-France, Conseil départemental 92, Métropole du Grand Paris, ministère de la Transition écologique, ministère de l'Agriculture, préfecture de région.

Avec, en première ligne, les communes et l'intercommunalité GPSO (Grand Paris Seine Ouest), dont l'engagement est plus que jamais attendu.

10 Juillet 2025
Le Collectif Fausses-Reposes
Site internet : Fausses-Reposes.fr
Porte-Parole : JM Bourhis
Mail : contact(at)fausses-reposes.fr

Contacter Fausses Reposes

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