Petites forêts urbaines de la petite couronne, forêts d'agrément: les Chiffres

 
Lors la réunion du 14 novembre 2025 sur … organisée par la Région Île de France, il est apparu opportun de partager les chiffres avancés par le Collectif Fausses-Reposes. Avant d'y revenir plus en détail, il y a lieu de faire deux commentaires liminaires (1. et 2.), eux-mêmes assortis de chiffres.

1. Propos de Madame la présidente

"La forêt nous préoccupe énormément". Encore s'agissait-il, semble-t-il dans son esprit, de pérennisation (adaptation de la forêt au changement climatique, notamment), sujet essentiel et dont l'ONF s'est emparé pour justifier la poursuite de sa sylviculture "durable": "Nous travaillons pour la forêt" disent-ils souvent.
  • Cette sylviculture durable consiste avant tout à ne pas hypothéquer le capital bois, comme la pêche durable à ne pas hypothéquer le capital poissons. Un pêcheur irait-il jusqu'à dire qu'il travaille pour la mer?

  • Même: l'ONF justifie l'augmentation des coupes à Fausses-Reposes et La Malmaison au cours des prochaines décades par le souci de pérenniser ces massifs. Ainsi nous explique-t-il (doctement ???) qu'il faut y baisser la surface terrière (note 1) G)/densité actuelle d'arbres de 23,3 m2/ha à 18 m2/ha selon les recommandations techniques nationales de la SMCC (sylviculture mélangée à couvert continu) version française (moins exigeante semble-t-il),
cf. présentation ONF en clôture de "concertation":

  • A mettre en regard de nombreuses études scientifiques et non techniques, qui démontrent que des forêts denses (G 30 m2/ha et bien plus) résistent mieux au changement climatique (sources à votre disposition). Donc, au strict plan de la pérennité des petites forêts urbaines, le principe d'un G à 18 m2/ha doit être questionné par des scientifiques indépendants (nous en avons déjà une liste, ils pourraient être missionnés si le débat devait porter sur la pérennisation des petites forêts urbaines spécifiquement).
Certes Fausses-Reposes est considérée par l'ONF comme une forêt particulière car
"Vieillissante".
Hâter l’œuvre de la nature (faire pousser plus vite des arbres plus droits) est un marqueur culturel de l'Office.
  • Couper tout l'accroissement biologique est un autre de ses dogmes. On ne pourra pas avancer sans remise en cause de tels principes.
D'autres sources ONF reconnaissent pourtant les faits:
L'ONF ne travaille donc pas prioritairement "pour la forêt", mais pour lui.

• "Avec une trop forte présence du châtaignier" (risque: encre). Il faudrait donc "convertir" la forêt au profit du chêne principalement, nécessitant éclaircissement (le châtaignier empêchant le chêne de pousser). Or, même si les cartes présentées pour Fausses-Reposes "sous-estiment le dépérissement" (dixit l'ONF), le châtaignier n'est pas encore en crise sanitaire: "non prévu dans l'aménagement (nouveau) à l'heure actuelle",
donc la pérennité du massif n'est pas encore en jeu de ce fait :
  • Pourquoi ne pas attendre le début de dépérissement des châtaigniers pour les remplacer progressivement par d'autres essences, au lieu de hâter l'œuvre d'une nature qui a peut-être prévu un autre destin pour certains d'entre eux? Sinon (si tout doit passer par des mesures prophylactiques), avec 47% de châtaigniers à Fausses-Reposes, autant couper tout de suite la moitié de la forêt! (ce qui ne manquerait pas de la réchauffer, donc de la condamner)

Nota:
  • La particularité de Fausses-Reposes ("vieillissante" + surreprésentation des châtaigniers) ne semble pas susciter une sylviculture particulière, puisque c'est la même qui est déclinée aussi bien à La Malmaison, qu'à Meudon, Verrières ou ailleurs, inspirée par les mêmes guides techniques nationaux de la même SMCC;
  • Fausses-Reposes est, pour des motifs à chaque fois nouveaux, en "conversion" depuis l'aménagement de 1953 (cf. l'actuel document d'aménagement page 38). L'argument "conversion" ne serait-il pas un peu daté?
  • Même si un jour "convertie" au profit du chêne, le chêne ne pourra jamais alimenter une filière bois d'oeuvre en Île-de-France: Madame la présidente nous l'a rappelé.

Tout cela ne serait-il donc que prétexte?

2. Notre focus

  • L'association que je préside (et le collectif dont elle est membre) n'est pas principalement sensible aux petites mesures proposées par l'ONF pour satisfaire des naturalistes: "deux arbres bio en plus à l'ha" (cinq au total, sachant qu'il peut s'agir aussi bien d'arbres morts, et alors que le référentiel européen d'exploitation forestière FSC exige 5 arbres bio vivants https://fr.fsc.org/sites/default/files/2025-09/Plaquette%20r%C3%A9f%C3%A9rentiel.pdf), quelques nouveaux ha de sénescence en plus (au total guère plus que les 2% minimum exigés par le FSC), lutte contre les lauriers de Caucase (qui se développent d'autant plus que l'ONF éclaircit)...
  • De même, la question des manchons plastiques laissés en forêt longtemps après plantations est, à n'en pas douter, un sujet dont on peut se saisir, mais qui ne doit pas nous divertir de l'essentiel.
  • Notre registre est la défense des attentes des usagers des petites forêts urbaines (Fausses-Reposes en particulier) qui veulent principalement pouvoir:

• Se promener facilement partout tous les weekends, donc pas sur chemins ornièrés et boueux (notamment pendant des travaux pouvant durer 6 mois), mais pas non plus sur des chemins ressemblant à des autoroutes où le flux est canalisé comme dans les parcs urbains à faible naturalité.

Ainsi, l'objectif principal selon le document d'aménagement 2005-2024 était-il "l'accueil du public", sur toute la surface de Fausses-Reposes
  • ("série unique"), de manière "diffuse" :
  • Or, selon le projet de nouvel aménagement, les espaces consacrés "production" restent très majoritaires, seules quelques parcelles de La Malmaison seront déclarées en "gestion à objectif d'accueil du public".
  • L'ONF répond "prendre en compte" - dans les espaces consacrés "production" - le contexte social lors de ses actions de sylviculture. Mais on sent bien que la vraie mission est l'exploitation, et que la fréquentation n'est qu'une contrainte à gérer. En vérité c'est l'ensemble des surfaces de La Malmaison et Fausses-Reposes qui devrait être en "gestion à objectif d'accueil du public", avec les véritables objectifs qui vont de pair, donc en quasi non gestion sylvicole (les seules coupes sanitaires, de sécurité et de stricte pérennisation permettant de satisfaire aux exigences du code forestier pour ce qui relève du pilier "économique" de la multifonctionnalité).
    • L'ONF nous dit par ailleurs qu'en se rapprochant des critères nationaux de la SMCC il opte pour une sylviculture "de luxe" des petites forêts urbaines. Mais même raisonnée la SMCC reste une sylviculture, telle qu'il ne s'en pratique pas dans les bois de Boulogne ou de Vincennes. Si tel était le cas (SMCC = luxe), comment qualifier la gestion des bois de Boulogne et de Vincennes, placés hors sylviculture? "Super luxe"?? Ou juste "normale" en contexte urbain ???

Nota:

• Se promener dans un espace "de pleine nature" (incluant des paysages forestiers peu perturbés, donc avec de nombreux gros vieux arbres et une biodiversité visible: écureuils, chevreuils...). Ces attentes de grande naturalité sur l'ensemble des surfaces forestières considérées traduisent là encore une demande de sylviculture de plus en plus résiduelle (néanmoins compatible avec le code forestier, l'ONF l'a reconnu le 10 octobre dernier: "Il est exact que le code forestier n'impose pas le volume de bois à sortir de Fausses-Reposes"), par répercussion favorable au rétablissement de la biodiversité, pas à sa simple préservation: la biodiversité est en effet déjà bien appauvrie dans les forêts d'IdF comme cela est documenté: https://www.arb-idf.fr/fileadmin/DataStorage/user_upload/natureparif_diagnostic_biodiversite.pdf


"La biodiversité des forêts franciliennes demeure moins riche que celles des régions alentours";

Son "volume de bois sur pied" reste "un des plus faibles de la moitié nord de la France", "la place accordée aux dynamiques naturelles demeure très maigre";

Parmi les facteurs influençant la biodiversité forestière, il y a:
  • Le "degré d'exploitation", "nettement plus élevé dans les forêts publiques"
  • La "surface moyenne des forêts". Les grandes forêts périurbaines - voire urbaines telles celles de Saint-Germain ou de Sénart - sont donc, par définition et toutes proportions gardées, relativement privilégiées);

Le "niveau de naturalité potentiel" des petites forêts urbaines est "moyen à très bas". Aussi ne pouvons-nous qu'en déduire que la biodiversité des petites forêts urbaines publiques (presque toutes plus petites que les bois de Boulogne ou de Vincennes) demande à être sérieusement aidé. Et que les mesurettes de l'ONF n'y suffiront pas: rappelons l'atelier de travail que l'ONF a proposé le 10 octobre dernier sur le thème "biodiversité":

Sur 6 idées "biodiversité" seule la n°4 (en vert) est retenue sans condition par l'ONF, idée qui ne concerne que les invasives (laurier du Caucase principalement) pour satisfaire une association qui s'est fait une spécialité de leur éradication, la communication ONF pouvant se nourir de cette collaboration.
  • Conclusion: pour aider à la naturalité perçue des petites forêts urbaines et à la restauration de la biodiversité, il faut cesser leur exploitation à finalité commerciale responsable de la coupe des chênes de 200 ans et plus, principaux vecteurs de paysages et porteurs de biodiversité.

Entre valeur économique et valeur paysagère, écologique et globalement sociale l'ONF, interpellé sur la question de la préservation des chênes de 200 ans et plus a fait son choix. Cette question cristallise donc une bonne partie du problème.

N'ayant pas été entendus sur ce point comme sur d'autres et au bout de 8 mois de concertation, les associations des deux principales communes concernées ont jeté l'éponge: nous cessons de collaborer, voire de nous prêter à une forme d'instrumentalisation, cf. comuniqué de presse en 1ère pièce jointe.

Le problème reste donc entier: la population continuera à manifester son mécontentement... et continueront de fleurir ces mots aimables que nous ne cautionnons pas:

Enfin le voeux formulé par diverses communes pour une "gouvernance plus collaborative" n'y changera rien tant que le principe même de l'exploitation des chênes de 200 ans et plus ne sera pas mis sur la table.


3. Lors de notre échange en marge de la réunion du 14 dernier

vous vous étiez montrée intéressée par certains chiffres que j'avais mis en avant. Aussi je vous transmets ci-dessous (tout en bas) un extrait de mail ancien adressé à Madame Puyfaucher, mais qui n'a rien perdu de son actualité. Beaucoup de chiffres et, en point 4 en particulier (13/07/24), ceux concernant la biodiversité.
Pièce jointe toujours:

Concernant Fausses-Reposes (document présenté par l'ONF le 10 octobre dernier), moyenne bois vendu 2005-2024:

4. En ce qui concerne un autre sujet non arbordé (la séquestration du carbone)

Le code forestier n'impose rien. Mais d'autres textes ont également force de loi. A cet égard rappelons le décret n°2016-849 du 28/06/2016 PCAET (Plan Climat-Air-Energie Territorial) : https://www.cnpf.fr/sites/socle/files/cnpf-old/fiche_9.pdf

Si l'ONF ne se saisit pas directement du sujet, les EPCI ne devraient-ils pas le solliciter pour aider à l'estimation et identification des potentiels de développement, selon les scénarii?


5. Statut forêts (péri-)urbaines

Nous précisons n'être pas convaincus qu'il faille en passer par là pour faire avancer les choses. Parmis les exemples qui doivent nous interpeller, outre la forêt du Neuhof citée plus bas, la forêt départementale de la Corbière se présente aussi comme preuve que, même en présence d'une fréquentation faible au regard des nôtres, des mesures fortes peuvent être adoptées lorsque l'ONF n'est que gestionnaire et où la libre évolution a été décidée: https://www.ille-et-vilaine.fr/sites/iev/files/rapports/Deliberation_2024_49788_signe.pdf

  • Sachant que la RBI (réserve biologique intégrale) qui est prévue sur l'ensemble de la surface de la Corbière (même surface que Fausses-Reposes) ne prévoit pas la fermeture des sentiers de promenade existants.

6. Un mot enfin sur la notion de "parc forestier à forte naturalité"

Evoquée également plus bas: à chaque fois qu'on aborde ce thème certains réagissent en confondant avec "parc urbain" - voire avec "parc d'attraction" - ce qui n'est évidemment pas le sujet: il n'est pas question d'asceptiser la forêt, encore moins de favoriser l'accrobranche etc. pour augmenter la pression du public.

  • Pourtant, quoi de mieux que ces termes pour définir ce que devraient être les petites forêts urbaines, pratiquement soustraites à l'exploitation, mais au bénéfice de paysages préservés et d'une biofiversité restaurée, dont les usagers pourraient pleinement profiter?




Autres sujets

1. LOI 3DS:


  • (...)

  • Une gouvernance mieux partagée n'a d'intérêt que si elle fait effectivement bouger les lignes. Aujourd'hui ce n'est pas tant le mode de sylviculture qui est en cause, que la sylviculture elle-même. Non pas en bloc pour ce qui concerne sans doute les grandes forêts périurbaines (la question peut néanmoins se poser pour leurs parties plus fréquentées), mais en tout cas pour ce qui concerne les petites forêts urbaines qui concentrent la fréquentation. Voir cette carte ONF pour l'acception de "forêts urbaines", grandes ou petites:


2. BUDGET FORETS


En faveur de l'industrialisation du secteur: https://www.facebook.com/vpecresse/posts/la-for%C3%AAt-cest-notre-avenir-ici-dans-les-vosges-nous-sommes-dans-un-lieu-dune-pro/508046314022046/

A rebours de l'industrialisation, tout près des Vosges on trouve aussi des réserves forestières: celles des forêts de Neuhof (757 ha), de Robertsau-Wantzenau (720 ha) et de Rohrschollen (157 ha).

  • Concentrons-nous sur la :

200 000 visiteurs / an: [67] Massif forestier de Strasbourg-Neuhof/Illkirch-Graffenstaden | DREAL Grand Est (developpement-durable.gouv.fr)

(A noter: le cas de Neuhof démontre qu'une réserve en libre évolution n'est pas incompatible avec l'accueil du public: 200 000 visiteurs)

https://reserves-naturelles.strasbourg.eu/neuhof-illkirch-graffenstaden/missions/


Soit 343 € / ha.

Comparé à: Fausses-Reposes, forêt urbaine de 630 ha, 1 500 000 visiteurs / an en 2007 selon classement (sensiblement plus depuis la COVID, source ONF), soit 2 380 visites annuelles / ha, 9 fois plus que Neuhof et 5 fois plus que Fontainebleau, forêt la plus visitée de France.

Se souvenir: bois de Boulogne 850 ha, bois de Vincennes 995 ha.

Le budget de gestion de Fausses-Reposes (sur les bases de la forêt du Neuhof) serait de l'ordre de 216 K€ / an.

A cela s'ajouterait, à terme, les autres petites forêts à forte fréquentation de Verrières (567 ha, dont 42 ha déjà en RBI non exploitée), La Malmaison (201 ha) et Meudon (1 100 ha). Nous arriverions à un budget de gestion de 857 K€ (soit 0,57% du Fonds Bois).

Si la Région faisait l'acquisition de ces petites forêts urbaines, cela ajouterait 2 500 ha aux 15 000 ha qu'elle détient déjà en propre, via l'Agence des espaces verts, soit +16%. Pour un budget de gestion desdites forêts de 4,3% de celui alloué à l'Agence (1 333 € / ha):

https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-France-la-region-verdit-un-peu-plus-son-budget

Rappel code forestier sur la priorité "sociale":
  • Le "social" doit donc l'emporter et le sujet devrait se suffire à lui même. Or les nombreuses réactions des populations démontrent qu'elles estiment, majoritairement, que la priorité selon le code n'est pas respectée.

Qu'attendent les populations en matière de cadre de vie, donc de paysages forestiers? D'abord une grande naturalité, première raison citée selon l'enquête Viavoice commandée par l'ONF:


Ce qui peut se traduire par:
  • Un peu partout des arbres singuliers, non "conformés" par le sylviculteur, les anomalies ajoutant à la valeur paysagère, au-delà de la poignée "d'arbres remarquables" ménagés par l'ONF:
  • De nombreux gros vieux arbres, allant au bout de leur cycle biologique (aujourd'hui à Fausses-Reposes ils ne peuvent guère vieillir, puisqu'ils sont coupé à moitié de leur cycle):
  • L'arrêt du quadrillage artificiel des forêts par des chemins d'exploitation:

Y a-t-il, aux bois de Boulogne ou de Vincennes, des chemins d'exploitation? Réponse: non. Si la pérennité de ces bois dépendait de l'ouverture de chemins d'exploitation pourquoi le gestionnaire n'a-t-il pas, depuis longtemps, procédé à leur ouverture? Réponse: parce que dans un bois non exploité commercialement, ces chemins ne sont pas indispensables.

  • Des bords de chemins nets de tout rémanent (résidu d'exploitation, consécutif à l'intervention humaine):

Dans une forêt en libre évolution, le bois mort naturellement ne se trouve pas partout au bord des chemins.

  • (...)


3. CHAUFFAGE AU BOIS


  • (...)

A. Les attentes des visiteurs des forêts publiques franciliennes:

  • (...)
63% d'entre eux attendent la fin de l'exploitation commerciale (enquête Viavoice):

Et le bois comme source d'énergie (chauffage) est quasiment la dernière de leurs préoccupations:

D'autant qu'il va à l'encontre de leur première préoccupation: purifier l'air.

Précisons ici que l'enquête ne porte pas spécifiquement sur les petites forêts domaniales d'IdF. Si tel avait été le cas, les résultats auraient été encore plus contrastés.

  • B. Les attentes de santé publique:

  • (...)


4. BIODIVERSITE


  • (...)

Fausses-Reposes n'a, sans doute, pas tous les arguments de Neuhof pour devenir une réserve naturelle, mais elle est néanmoins une ZNIEFF.

A défaut de biodiversité foisonnante à préserver la Région ne pourrait-elle, à tout le moins, oeuvrer à son développement en vue d'un retour aux standards métropolitains?

dossierdepresse_indicateurs.pdf (arb-idf.fr)

A ce propos, notons que la taille des forêts est un critère important de la biodiversité potentielle: Panorama_de_la_biodiversite_francilienne2019_.pdf (arb-idf.fr)

Les petites forêts urbaines étant... petites, la population dans un rayon de 10 km étant importante et leurs lisières étant le plus souvent inexistantes, elles réunissent le moins d'atouts pour le maintien non aidé de la biodiversité.

Lorsque, de sucroît, elles subissent les assaults du sylviculteur, la biodiversité ne peut s'en porter que plus mal.

Que ce sylviculteur soit l'ONF et le taux d'exploitation (dont il est question ci-dessous) est même nettement plus élevé, donc les conditions de la biodiversité nettement dégradées:

Or:
  • "Maintenir des (...) sous-bois fournis" est aux antipodes des pratiques de l'ONF à l'échelle des massifs (sauf ici ou là, dans les rares îlots de sénescence ou de vieillissement): sa marotte est d'éclaircir pour faire pousser des arbres plus vite et plus droit. Le mode de gestion en futaie irrégulière n'y change pas grand-chose, les éclaircies sont toujours trop fortes, on est loin de la promesse de "couvert continu":

Conclusion:
  • Réduire la pression du public n'est pas envisageable. Celle-ci va même croissante, répondant à une demande de plus de sentiers (et -de manière assez contradictoire - de plus de zones interdites à l'homme, donc logiquement aussi au sylviculteur), cf. enquête Viavoice:

  • Faudrait-il encore que les sentiers existants soient correctement entretenus avant d'en aménager de nouveaux... Or aujourd'hui l'ONF cherche plutôt à fermer des chemins de promenade... tout en ouvrant des chemins d'exploitation! (broyés tous les 1 à 2 ans, leur impact sur la surface boisée est conséquent, de l'ordre de 15%). Dans ces conditions, le motif "tranquilité de la faune" pour justifier la fermeture de chemins de promenade est peu audible: quiconque peut comprendre que des considérations économiques d'entretien sont en jeu, affaiblissant la confiance dans l'Office.

  • La pression productive est donc le principal levier sur lequel il soit possible d'agir pour influer positivement sur la biodiversité forestière des petites forêts urbaines: laisser vieillir les arbres et densifier les sous-bois (en ne s'interdisant pas de pratiquer la "migration assistée" par petites touches pour préparer au changement climatique) tout en, le cas échéant, maintenant ici ou là quelques clairières permanentes et rétablissant les mares: telle serait la bonne pratique.


Ainsi l'arrêt de l'exploitation commerciale ne répondrait-il pas seulement aux attentes du public, mais aussi aux besoins de la biodiversité.

Nous suggérons de creuser la notion de "parc forestier ouvert, à forte naturalité" comme axe de cette nouvelle gouvernance entre l'Office National des Forêts et la région, telle que demandée par Madame Pécresse.

5. IMPLICATION DES COMMUNES FORESTIERES


Voici ce que nous pouvons lire dans le dernier journal de Ville-d'Avray:


On le voit: simple posture politique, voeu pieu.

L'heure n'est plus à la pédagogie ni à la "médiation entre usagers et l'ONF" (cela fait des années que ce pare-feu nous est servi!), mais à un bien réel changement de paradigme, l'Office ne jouissant plus de la confiance d'une bonne partie de la population (en cause: le mélange des genres, le règne du "en même temps"...).

Vous noterez les termes en fin d'article: "en lien avec la région Île-de-France". Au-delà des incantations des pouvoirs locaux, l'attente des populations est aujourd'hui celle d'un engagement clair des pouvoirs publics.

Et le nouvel Aménagement (document de gestion) de Fausses-Reposes étant en cours d'élaboration, l'urgence ne peut être ignorée.



Au nom du collectif.
Contact Fausses Reposes

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