Politique de gestion des petites forêts urbaines en Île-de-France: une rentabilité sociale et économique à évaluer.
Le cas de Fausses-Reposes.


Quatrième campagne de participation citoyenne - Cour des Comptes
Contribution Collectif Fausses-Reposes - 8 septembre 2025

Les forêts à très forte fréquentation et forte valeur d'usage sociétale (forêts d'agrément) en proximité des tissus urbains apportent des services environnementaux essentiels, aujourd'hui mal appréhendés, insuffisamment chiffrés, et de ce fait non valorisés par les gestionnaires de forêts et par les collectivités publiques.

C'est tout particulièrement le cas de la petite forêt de Fausses-Reposes (630 ha) dans les Hauts-de-Seine, noyée dans le tissu métropolitain comme le sont toutes celles de la première couronne d'Île-de-France.

Ces forêts sont aujourd'hui principalement gérées par l'ONF.

Dans ces bois urbains - et en dépit des campagnes de communication conduites par l'Office - la priorité n'est pas donnée à l'amélioration du cadre de vie des populations (art. 212-2 code forestier), comme en témoignent les initiatives et actions d'associations et collectifs, de plus en plus nombreux à se structurer pour demander, purement et simplement, l'arrêt de leur exploitation à finalité commerciale (services économiques marginaux), moyennant au besoin compensation financière.

Par ailleurs, l'exploitation de ces bois expose l'ONF à d'importants surcoûts liés à leur petite taille, aux difficultés techniques d'exploitation en milieu urbain, à leur forte fréquentation et aux récriminations d'usagers particulièrement mécontents.

Ce constat conduit à mettre sérieusement en doute leur rentabilité pour le gestionnaire ONF, questionnant l'intérêt même d'y maintenir coûte que coûte une exploitation, supposément adaptée ("futaie irrégulière") mais qui reste excessive et délétère pour :
  • le milieu naturel (les conditions d'une véritable restauration de la biodiversité ne sont pas réunies),
  • les services écosystémiques autres que la production de bois, à savoir les services dits "culturels" (paysages, ressourcement, activités physiques...) et de "régulation" (du climat, de la qualité de l'air, de l'eau...), insuffisamment pris en compte.

L'évaluation de ces services écosystémiques et leur mise en balance avec les bénéfices supposés de la vente de bois constitue, pour ces forêts, une première exigence pour une plus grande transparence des comptes de l'ONF, de l'usage des subsides publics reçus au titre de l'environnement ou de l'accueil du public, et plus globalement pour un bilan juste et sincère de la rentabilité sociale et économique de la politique de gestion actuellement menée.

Les collectivités territoriales (Région, départements, agglomérations et communes… desquelles ces forêts relèvent administrativement) sont en principe les premiers bénéficiaires de ces services environnementaux, puisqu'en profitent au premier chef leurs populations.
Leur participation aux comptes de l'ONF est aujourd'hui marginale, comme le confirme le récent rapport rendu par la Cour des comptes qui constate le faible recours au régime des PSE (paiement pour services environnementaux), qui permettrait pourtant à l'ONF de se dégager de ces forêts urbaines non rentables et d'être dédommagé en conséquence.

En vertu de quoi la demande d'expertise que nous soumettons à la Cour porte sur trois points:
  • Etablir le bilan économique et financier à coûts complets de l'exploitation actuelle de ces forêts pour l'ONF, selon leur localisation dans le tissu de la métropole et leur taille;
  • Proposer une première évaluation objective et chiffrée des services écosystémiques rendus par les forêts urbaines franciliennes;
  • Les recommandations qui en résultent:
    • à l'endroit de l'ONF: proposer une nouvelle politique de gestion pour ce type de forêts urbaines à fort enjeu social et environnemental;
    • à l'endroit des ministères concernés (écologie, santé...) et des collectivités territoriales de proximité: proposer une participation effective à la prise en charge des services environnementaux rendus par ces forêts;
    • à l'endroit des tutelles de l'ONF: proposer des innovations dans les pratiques de coopération et de gouvernance, associant opérateurs publics, collectivités territoriales, associations locales et citoyens-usagers.

La préparation au niveau national du futur contrat d’objectifs et de performance Etat-ONF comme la nécessaire élaboration à venir d'une nouvelle directive régionale d'aménagement Île-de-France - qui devra faire l'objet d'une évaluation environnementale, la précédente directive étant caduque - constituent deux opportunités à saisir pour avancer sur la recherche de solutions durables et soutenables au débat qui, en Île-de-France, oppose élus et société civile à l'ONF sur le sort réservé à ces petites forêts.


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