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Fausses-Reposes: quand le devenir des forêts urbaines devient un enjeu de société.


Alors que le pays connaît des épisodes de canicule toujours plus précoces, plus intenses et plus longs, les forêts naturelles insérées dans les tissus urbains sont devenues un enjeu majeur d'adaptation de nos villes au changement climatique. Cela est tout particulièrement vrai en Île-de-France. Longtemps considérées sous l'angle de la production de bois, les petites forêts situées au cœur même de la métropole parisienne apparaissent aujourd'hui comme des infrastructures naturelles indispensables à la santé publique.

L'Île-de-France compte près de 280 000 hectares de forêts, soit environ un quart de son territoire. Mais les forêts situées dans le cœur métropolitain ne représentent que quelques milliers d'hectares. Elles constituent pourtant les derniers espaces naturels de "respiration" pour les près de six millions d'habitants de la métropole.

Chaque année, les forêts publiques franciliennes accueillent plusieurs dizaines de millions de visiteurs. Elles sont lieu de promenade et rafraîchissent aussi l'air lors des vagues de chaleur, filtrent les polluants, préservent la biodiversité, favorisent l'infiltration des eaux de pluie comme l'évapotranspiration, contribuant ainsi à la santé tant physique que psychique des habitants. Dans une métropole de plus en plus exposée aux extrêmes climatiques, elles sont devenues des équipements essentiels de résilience.

La forêt de Fausses-Reposes (630 ha) distante de Paris d'à peine quatorze kilomètres, illustre parfaitement cette réalité. Elle est emblématique de l'ensemble des petites forêts urbaines de la première couronne francilienne dont La Malmaison, Meudon et Verrières. Toutes sont confrontées à la même question : doivent-elles continuer à être gérées comme des espaces de production forestière; ou dans une vision à moyen et long terme comme des infrastructures écologiques vitales indispensables à la survie climatique de la métropole ?

Aux yeux du Collectif Fausses-Reposes et des associations de "cadre de vie" qui le composent, le changement climatique nous impose aujourd'hui de profondément modifier les priorités.

Au côté de nombre d'autres associations engagées dans la défense des forêts de la région capitale nous soutenons que la valeur principale de ces forêts ne réside plus dans le bois qu'elles produisent mais dans les autres services écosystémiques qu'elles rendent quotidiennement aux citoyens.

A Fausses-Reposes notre Collectif demande inlassablement l'arrêt total de toute exploitation et de limiter les interventions aux seuls impératifs de sécurité, ainsi qu'aux situations sanitaires avérées. La forêt est en capacité de s'adapter d'elle-même, comme le montrent de nombreux exemples en France et en Europe. Les vieux arbres, notamment les grands chênes parfois bicentenaires, doivent y être préservés car ils constituent nos alliés de demain dans la lutte contre le réchauffement.

D'autant que les rares données disponibles incitent à penser que les recettes tirées de l'exploitation du bois ne couvrent même pas les coûts complets de gestion lorsque sont intégrées les charges de structure, d'encadrement et d'administration. Autrement dit, contrairement au mentra de l'ONF, ici la vente du bois ne finance pas ou peu la gestion, au risque de creuser un peu plus les charges de l'Établissement.

Le paradoxe est frappant : alors que les bénéfices climatiques, sanitaires et sociaux de ces forêts profitent chaque jour à des millions d'habitants, ces services essentiels ne sont pratiquement jamais valorisés et pris en compte dans les arbitrages économiques. Or dans les décennies à venir, leur fonction de refuge climatique deviendra l'une des plus précieuses pour la région capitale.

Pour y parvenir il importe que tant l'État tutelle que les collectivités s'emparent de ce sujet au moment même où se prépare le futur contrat objectif performance de l'Onf. Habitants et associations aujourd’hui exclus des lieux où se décident les schémas de gestion de ces massifs doivent être entendus sur un sujet qui doit relever d'un vrai débat de société.

La réponse qui sera apportée pour Fausses-Reposes comme pour ces autres petites forêts urbaines illustrera la capacité de la métropole parisienne à mieux s'adapter aux conséquences du changement climatique. À l'heure où les canicules deviennent l'une des principales menaces pour la santé des populations urbaines, nous estimons qu'il est temps de changer de regard. Ces forêts ne doivent plus être considérées comme des gisements de bois, mais comme des infrastructures vitales de santé publique, de biodiversité et de résilience climatique.

Les ménager n'est pas un luxe environnemental : c'est une nécessité, un choix politique ambitieux et historique pour l'avenir des millions de Franciliens qui en dépendent.

Collectif Fausses-Reposes

Internet : https://www.fausses-reposes.fr

Les actions du Collectif sont impulsées par :

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