Collectif Fausses-Reposes - Courriel Conseil Régional à l'attention de :
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Yann WEHRLING (vice-président chargé de la Transition écologique, du Climat et de la Biodiversité ),
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Laetitia PUYFAUCHER (conseillère énergie-écologie auprès de V.PÉCRESSE)
Sujet : Suites rendez-vous Région / collectif Fausses-Reposes 23 janvier 2025
05/07/2025
Monsieur le Vice-Président, Madame la conseillère,
Vous nous avez reçu le 23 janvier 2025 au sujet de la concertation qui s'engageait sur les petites forêts urbaines urbaines de Fausses-Reposes et de la Malmaison, à l'initiative de l'ONF.
Nous avions pu vous faire part de l'extrême frustration qui remonte du terrain de la part des habitants, des usagers et même des élus concernant la politique de gestion actuelle de l'ONF pour ces forêts urbaines plus petites que le bois de Vincennes. A cette occasion nous avions pu échanger sur notre vision et sur l'intérêt de redonner à ces forêts particulières leur caractère ancien et naturel au profit du paysage et d'une biodiversité à restaurer; cela notamment à travers une politique de réduction des coupes et de préservation des gros vieux arbres.
Force est de constater, à l'issue de cette concertation lors de la réunion de restitution le 23 juin dernier, que nos objectifs sont loin d'être atteints (l'augmentation des coupes est même prévue!) et que l'ONF n'a pas, le moins qu'on puisse dire, foncièrement remis en question son modèle d'exploitation, avec les fondements économiques qui vont de pair, pour simplement se conformer aux termes de l'art 212-2 du code forestier qui dispose que «Dans les forêts soumises à une forte fréquentation du public, la préservation et l'amélioration du cadre de vie des populations constituent une priorité»;
Cela sous le double prétexte que:
- D'une part, il faudrait couper, pour éclaircir et permettre la régénération (naturelle ou artificielle), condition supposée de la pérennisation desdits massifs. Il s'agit là du premier argument mis en avant;
- D'autre part et accessoirement la raison économique lui imposerait de commercialiser les arbres bien portants, dont les gros vieux arbres auxquels le public est si attaché (chênes notamment, dont les bénéfices - tant en matière paysagère que biodiversité - sont évidents).
Alors même que le premier de ces arguments est largement remis en question par scientifiques et experts qui établissent l'intérêt de forêts denses et de la conservation de tous les vieux arbres, particulièrement face:
- Au réchauffement climatique (une référence parmi d'autres: https://www.zoom-nature.fr/la-resistance-des-arbres-aux-secheresses-extremes-depend-de-leur-age/);
- A la perte de biodiversité forestière, celle-ci étant avérée pour les forêts d'Île-de-France ("7 à 33% d'individus de moins" dossierdepresse_indicateurs.pdf (arb-idf.fr). Le cas spécifiques des petites forêts urbaines serait à n'en pas douter plus alarmant encore. A ce titre, nous nous étonnons que l'actualisation des données ZNIEFF ne soit à pas à l'ordre du jour pour Fausses-Reposes.
Et tout cela en dépit des attentes exprimées tout au long de la concertation, tant de la part des habitants que des associations ou d'élus présents, en particulier sur le thème du besoin d'innover en matière de gestion des petites forêts urbaines considérées.
La question qui se pose est donc celle de la capacité de l'ONF à revisiter ses dogmes, à se remettre en question.
Connaissant votre engagement et votre intérêt à cette concertation il nous semblait utile de vous informer de cette situation.
De notre coté nous apprécierions, comme nous l'avions évoqué, d'être tenus informés de l'avancement de vos échanges avec l'Office.
Et dans un autre registre: pour la gestion de ces forêts l'ONF bénéficie de diverses subventions publiques dont l'emploi est aujourd'hui plutôt confidentiel.
Il nous semble, à nous associations que, s'agissant de nos forêts et de fonds publics l'emploi de ces subventions - au 1er rang desquelles celle de la Région Île-de-France - aurait gagné à faire l'objet d'une information claire et transparente de toutes les parties prenantes lors de la concertation.
Au demeurant nous pensons que l'emploi de ces subventions pourraient utilement bénéficier de l'apport des associations pour mieux prioriser les besoins, maximiser leurs effets incitatifs et de levier, de sorte de faire évoluer l'ONF sur ses positions.
De nombreuses pistes ont émergé en ce sens de la part des associations au cours de cette concertation, qui ne demandent qu'à être partagées.
Nous nous tenons à votre disposition pour les évoquer de vive voix.
Je vous prie de bien vouloir accepter, Monsieur le Président, Madame la Conseillère, l'expression de nos plus respectueuses salutations.
Jean-Marc BOURHIS
Porte-parole du Collectif Fausses-Reposes

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